Comment obtenir la nationalité américaine en investissant : d’abord la carte verte, le passeport cinq ans plus tard
Vous vous demandez comment obtenir la nationalité américaine grâce à un investissement ? Réponse courte : l’argent seul ne suffit pas. Les États-Unis n’ont aucun programme de citoyenneté par investissement ni aucune voie discrétionnaire du type « passeport contre investissement ». Tout investisseur qui finit par détenir un passeport américain franchit les trois mêmes étapes : obtenir une carte verte (résidence permanente légale), la conserver cinq ans en vivant réellement dans le pays, puis réussir la naturalisation prévue par la section 316 de l’Immigration and Nationality Act (INA)[1][2]. L’investissement n’accélère que la première étape.
Ce guide décrit ce parcours de bout en bout pour les investisseurs disposant de 100 000 $ à 2 M$. Il distingue les voies d’investissement qui mènent à une carte verte (l’EB-5 et la nouvelle Gold Card) de celles qui n’y mènent pas (le visa de traité E-2). Il détaille ensuite les règles de naturalisation, les frais et le test d’éducation civique en vigueur en octobre 2026, l’imposition mondiale américaine et l’exit tax, ainsi que la double nationalité. Le volet résidence, comme le choix d’un projet EB-5, est traité dans notre guide du visa EB-5 et de la carte verte investisseur. Cette page se concentre sur la nationalité et le passeport.
Dernière vérification:
- Voie vers la résidence:résidence par investissement aux États-Unis
- Vue d'ensemble:citoyenneté par investissement
Peut-on acheter la nationalité des États-Unis ?
Nationalité américaine par investissement : pourquoi elle n’existe pas
Non. La nationalité américaine s’acquiert par la naissance, par dérivation d’un parent ou par naturalisation. Le Congrès n’a jamais créé de voie qui confère la citoyenneté contre un paiement ou un investissement. La loi sur la naturalisation exige la résidence permanente légale, cinq ans de résidence continue, 30 mois de présence physique, une bonne moralité, la connaissance de l’anglais et de l’éducation civique, et l’attachement à la Constitution[1][2]. Aucun montant investi ne dispense de ces conditions.
L’investissement intervient donc une étape plus tôt, pour obtenir la carte verte. Deux voies le permettent :
- L’EB-5 (investisseur immigrant), prévu par l’Immigration and Nationality Act et réformé par l’EB-5 Reform and Integrity Act de 2022. Il exige 800 000 $ dans une zone d’emploi ciblée (targeted employment area : zone rurale, à fort chômage, ou projet d’infrastructure) ou 1 050 000 $ ailleurs, ainsi que la création de 10 emplois américains à temps plein[12].
- La Gold Card, créée par l’Executive Order 14351 du 19 septembre 2025. Elle exige un don inconditionnel de 1 million de dollars au gouvernement fédéral plus 15 000 $ de frais de traitement, et la carte verte est délivrée dans la catégorie EB-1 ou EB-2[18][20]. Notre analyse de la carte dorée Trump explique son fonctionnement et pourquoi une seule approbation avait été annoncée en avril 2026[19].
Les offres commerciales de « citoyenneté américaine par investissement » désignent en général l’une de ces voies vers la carte verte, suivie du délai classique de cinq ans avant naturalisation. D’autres vendeurs entendent par là un passeport caribéen utilisé pour obtenir le visa de traité E-2. Cette voie ne mène jamais, à elle seule, à la nationalité américaine (voir plus bas). Si vous cherchez rapidement un second passeport, tournez-vous vers les pays qui proposent une véritable citoyenneté par investissement, présentés dans notre comparatif citoyenneté par investissement ou golden visa.
Les voies d’investissement comparées : lesquelles mènent au passeport américain
| Voie | Mise minimale | Statut obtenu | Compte pour la nationalité ? | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| EB-5 (TEA / rural / infrastructure) | 800 000 $ investis à risque + frais | Carte verte conditionnelle (2 ans), puis permanente | Oui. Le délai de 5 ans court dès la date de la carte verte conditionnelle | Minimum relevé au 1er janv. 2027 (indice CPI-U) ; catégories non réservées engorgées pour la Chine et l’Inde |
| EB-5 (standard) | 1 050 000 $ investis à risque + frais | Carte verte conditionnelle, puis permanente | Oui | Idem |
| Gold Card (individuelle) | Don de 1 000 000 $ + 15 000 $ de frais | Carte verte (EB-1/EB-2) | Oui, après les 5 ans habituels | Non remboursable ; 1 approbation annoncée en avril 2026 ; recours de l’AAUP déposé en février 2026 |
| Gold Card entreprise | 2 000 000 $ par salarié + 15 000 $ | Carte verte pour le salarié parrainé | Oui, pour le salarié | Frais annuels de maintien de 1 % et frais de transfert de 5 % selon le site officiel |
| Platinum Card | 5 000 000 $ + 15 000 $ (annoncé) | Non lancée ; liste d’attente uniquement | Incertain | Traitement fiscal annoncé non confirmé |
| Investisseur de traité E-2 | Investissement « substantiel » (pas de minimum légal) | Non-immigrant, séjours de 2 ans renouvelables | Non | Exige la nationalité d’un pays signataire ; ne donne pas de carte verte en soi |
Conditions pour obtenir la nationalité américaine selon l’INA 316
Une fois la carte verte en poche, la naturalisation obéit aux règles générales de l’INA § 316 (8 U.S.C. § 1427). Elles s’appliquent de la même façon à l’investisseur EB-5, au titulaire d’une Gold Card et à tout autre résident permanent[1][2] :
- Avoir 18 ans ou plus au dépôt du formulaire N-400.
- Cinq ans de résidence permanente légale. Le temps passé en résidence conditionnelle compte : la loi EB-5 assimile les résidents conditionnels à des résidents permanents légalement admis pour les besoins de la naturalisation[5].
- Une résidence continue pendant ces cinq ans, et jusqu’à la prestation de serment. Une absence de plus de six mois mais de moins d’un an est présumée rompre la continuité, sauf preuve contraire. Une absence d’un an ou plus la rompt, sauf exceptions étroites[2].
- Une présence physique aux États-Unis d’au moins 30 mois sur les cinq années précédant le dépôt[1].
- Trois mois de résidence dans l’État ou le district USCIS où vous déposez la demande[1].
- Une bonne moralité sur la période légale et jusqu’au serment. Depuis août 2025, elle s’apprécie selon l’« ensemble des circonstances », contributions positives comprises, et l’agent peut ordonner une enquête de voisinage[11][37].
- L’anglais : lire, écrire, parler et comprendre. L’avis de 2025 sur le test civique n’a pas modifié l’épreuve d’anglais[8].
- L’éducation civique : histoire et institutions des États-Unis (voir le test 2025 ci-dessous).
- L’attachement à la Constitution et la prestation du serment d’allégeance (Oath of Allegiance)[1][32].
Le test d’éducation civique 2025
L’USCIS a réintroduit une version révisée du test de 2020 par un avis publié au Federal Register le 18 septembre 2025[8][9]. Pour les N-400 déposés à partir du 20 octobre 2025, l’agent pose jusqu’à 20 questions tirées d’une banque de 128. Il faut 12 bonnes réponses, et l’agent s’arrête dès 12 bonnes ou 9 mauvaises réponses[8]. Les candidats de 65 ans ou plus, résidents permanents depuis 20 ans, reçoivent 10 questions issues d’une liste spéciale de 20 et doivent en réussir six[8]. Ceux qui ont déposé avant le 20 octobre 2025 passent le test de 2008 (10 questions, 6 bonnes réponses)[8].
Résidents conditionnels : le piège de l’EB-5
La carte verte EB-5 est conditionnelle pendant deux ans. Il faut déposer le formulaire I-829 dans les 90 jours précédant le deuxième anniversaire, en démontrant que le capital a été investi et que les emplois requis ont été créés ou sont en cours de création[5]. Selon la doctrine de l’USCIS, les résidents conditionnels ne peuvent en principe pas être naturalisés avant la levée des conditions[4]. Concrètement, une décision I-829 qui tarde peut retarder votre serment même une fois les cinq ans écoulés. Demandez au projet son historique d’approbations I-829 avant d’investir.
Le coût complet, de l’investissement au passeport
| Poste | Montant | Remarques |
|---|---|---|
| Investissement EB-5 (TEA/rural/infrastructure) | 800 000 $ | Capital à risque, potentiellement restituable ; relevé au 1er janv. 2027 |
| Investissement EB-5 (standard) | 1 050 000 $ | Mêmes règles |
| Frais du formulaire I-526E (centre régional) | 3 675 $ + 1 000 $ de contribution au fonds d’intégrité (Integrity Fund) | Tarif antérieur à 2024 rétabli après une suspension judiciaire de nov. 2025 ; applicable jusqu’au 29 nov. 2026 |
| Frais du I-526E à partir du 30 nov. 2026 | 7 850 $ + 1 100 $ de contribution au fonds d’intégrité | Dont 75 $ de frais technologiques ; le I-526 (investissement direct) passe à 7 615 $ |
| Formulaire I-485 d’ajustement de statut (si vous êtes aux États-Unis) | 1 440 $ sur papier / 1 390 $ en ligne par demandeur de 14 ans ou plus | 950 $ / 900 $ pour un enfant de moins de 14 ans déposant avec un parent |
| Formulaire I-829 de levée des conditions | 3 750 $ → 5 000 $ à partir du 30 nov. 2026 | Tarif antérieur à 2024 jusqu’au 29 nov. 2026 ; une seule pétition peut couvrir la famille |
| Formulaire N-400 de naturalisation | 760 $ sur papier / 710 $ en ligne par demandeur | Proposé : 1 330 $ / 1 280 $, sans exonération (non définitif) |
| Frais de gestion du centre régional | Fixés par chaque projet | Pas des frais publics ; exigez-les par écrit |
| Avocat en immigration et justification de l’origine des fonds | Variable selon le cabinet et la complexité | Non réglementé ; demandez plusieurs devis |
| Alternative Gold Card | Don de 1 000 000 $ + 15 000 $ de frais de traitement | Non remboursable |
La famille et le calendrier de naturalisation de chacun
Une pétition EB-5 ou Gold Card couvre, comme bénéficiaires dérivés, le conjoint de l’investisseur et ses enfants non mariés de moins de 21 ans. Chacun reçoit sa propre carte verte, puis chaque adulte se fait naturaliser séparément : chacun doit remplir les conditions de cinq ans, de présence physique et d’éducation civique, et payer ses propres frais de N-400[1][6].
Les enfants mineurs n’ont souvent rien à demander. En vertu du 8 U.S.C. § 1431, un enfant de moins de 18 ans titulaire d’une carte verte, vivant aux États-Unis sous la garde légale et physique d’un parent, devient automatiquement citoyen lorsque ce parent est naturalisé[31]. La famille a donc intérêt à s’installer ensemble, pour que les adolescents n’atteignent pas 18 ans avant le serment du parent. Chaque I-485 est facturé par personne (950 $ / 900 $ pour un enfant de moins de 14 ans déposant avec un parent)[6].
Le conjoint d’un citoyen américain peut en général être naturalisé après trois ans de mariage et de résidence au lieu de cinq. Cela aide rarement un couple d’investisseurs, puisque les deux conjoints atteignent les cinq ans en même temps.
Étape par étape : de l’investissement au passeport américain
Le déroulé ci-dessous suppose la voie EB-5 via un centre régional, celle que choisissent la plupart des investisseurs.
- 1
Structurer et documenter vos fonds
Retracez l’origine licite de la totalité de l’investissement et des frais. L’USCIS attend de plus en plus plusieurs années de déclarations fiscales, la trace de chaque intermédiaire du transfert et un filtrage au regard des sanctions[16].
- 2
Investir et déposer le formulaire I-526E (ou I-526 en investissement direct)
- 3
Obtenir la carte verte conditionnelle
Si vous séjournez légalement aux États-Unis et qu’un numéro de visa est disponible, déposez le formulaire I-485 d’ajustement de statut, souvent en même temps que le I-526E. Sinon, demandez un visa d’immigrant au consulat puis entrez aux États-Unis. Le délai de cinq ans vers la nationalité court à compter de la date à laquelle vous devenez résident.
- 4
Vivre aux États-Unis et préserver la résidence continue
- 5
Déposer le formulaire I-829 pour lever les conditions
Déposez-le dans la fenêtre de 90 jours précédant le deuxième anniversaire de la résidence, avec les preuves de l’investissement et des emplois[5].
- 6
- 7
Biométrie, entretien, tests d’anglais et d’éducation civique
Un agent examine votre dossier, fait passer l’épreuve d’anglais et pose jusqu’à 20 questions d’éducation civique (12 bonnes réponses requises)[10].
- 8
Naturalisation aux États-Unis combien d’années : le délai réel
Le minimum légal est de cinq ans à compter de l’obtention de la résidence, avec un dépôt possible 90 jours avant[3]. Mais entre le virement de l’investissement et la remise du passeport, le délai réel est plus long, en raison du temps nécessaire pour obtenir d’abord la carte verte :
Calendrier de l’investissement au passeport
| Étape | Durée habituelle | Facteur déterminant |
|---|---|---|
| Préparation de l’origine des fonds et audit du projet | 1 à 3 mois | Investisseur et conseil |
| Instruction du I-526E ou carte verte via un I-485 simultané | Très variable ; consultez les délais actuels de l’USCIS | Charge de travail de l’USCIS ; catégories réservées actuellement disponibles pour la plupart des pays |
| Résidence conditionnelle | 2 ans | Légal (8 U.S.C. § 1186b) |
| Levée des conditions (I-829) | Souvent encore en attente au bout de 5 ans | Traitement USCIS ; bloque le serment tant qu’elle n’est pas approuvée |
| Résidence permanente avant naturalisation | 5 ans à compter de la date de résidence | INA § 316 |
| Du N-400 au serment | Plusieurs mois ; selon le bureau local | Convocation à l’entretien, contrôles |
| Total réaliste | Environ 6 à 8 ans ou plus après l’investissement | Plus long pour les ressortissants chinois et indiens des catégories non réservées |
La Gold Card et le compte à rebours vers la nationalité
La Gold Card ne raccourcit pas la naturalisation. Ses titulaires reçoivent une carte verte dans la catégorie EB-1 ou EB-2[18] : les mêmes règles de cinq ans, de 30 mois de présence physique, d’éducation civique et d’anglais s’appliquent. Contrairement à l’EB-5, la carte verte n’est pas conditionnelle, si bien qu’aucune étape I-829 ne peut retarder le serment. La contrepartie : un don de 1 million de dollars que vous ne récupérez jamais, alors que le capital EB-5 peut en principe être remboursé.
Le démarrage est lent. Les candidatures ont ouvert en décembre 2025. Le 23 avril 2026, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a déclaré devant une sous-commission de la Chambre des représentants qu’un candidat avait été approuvé et que « des centaines » de dossiers étaient en attente[19]. Le 3 février 2026, l’American Association of University Professors et un groupe de professionnels immigrés ont saisi la justice, estimant que le programme transforme illégalement les catégories EB-1 et EB-2, fondées sur le mérite, en voie express payante. Nous n’avons trouvé aucune décision au moment de la rédaction[36]. Le site officiel décrit une Platinum Card à 5 millions de dollars qui permettrait de passer jusqu’à 270 jours par an aux États-Unis sans impôt américain sur les revenus de source étrangère. Elle n’est pas lancée, et nous tenons ce régime fiscal pour non confirmé tant qu’il ne figure pas dans la loi[18]. Tous les détails figurent sur notre page consacrée aux conditions de la Gold Card.
Statut d’investisseur de traité et détour par la Grenade : la résidence sans la nationalité
Le visa d’investisseur de traité E-2 est souvent présenté comme une voie moins chère vers la « résidence américaine », mais c’est un statut de non-immigrant. Les séjours sont accordés pour deux ans au plus et renouvelables sans limite. Le titulaire doit avoir l’intention de partir à la fin de son statut, et ce visa ne mène pas à une carte verte[21]. Les années passées sous E-2 ne comptent donc pas pour la naturalisation. Notre guide du visa E-2 pour investisseurs détaille les montants et la liste des pays signataires.
Les ressortissants de pays non signataires (Chine, Inde, Russie et d’autres) achètent parfois d’abord la nationalité grenadienne, car la Grenade est le seul pays caribéen de citoyenneté par investissement lié aux États-Unis par un traité E-2. Depuis la Pub. L. 117-263, § 5902 (promulguée le 23 décembre 2022), toute personne ayant acquis sa nationalité par un investissement financier et n’ayant jamais détenu de statut E doit avoir été domiciliée dans ce pays pendant au moins trois ans consécutifs, à un moment quelconque avant sa demande de visa E[22][33]. Le programme de nationalité grenadienne par investissement démarre à environ 235 000 $ (don)[23]. Il permet d’obtenir un visa d’affaires, pas un chemin vers le passeport américain, sauf si vous obtenez plus tard une carte verte par une autre voie.
Fiscalité : imposition mondiale, titulaires de la carte verte et exit tax
Anticipez votre situation fiscale avant d’investir. La carte verte fait de vous un résident fiscal américain au titre du « green card test », et les résidents sont imposés sur leurs revenus mondiaux[24]. La naturalisation change alors peu de choses : les citoyens américains sont imposés sur leurs revenus mondiaux où qu’ils vivent, ce qui est rare parmi les pays développés. La vraie décision fiscale se prend donc au stade de la carte verte, pas à celui de la naturalisation.
L’exit tax en cas de départ ultérieur
En vertu de l’IRC § 877A, renoncer à la nationalité, ou abandonner une carte verte détenue au moins 8 des 15 dernières années fiscales (« résident de longue durée »), peut déclencher une exit tax calculée sur les plus-values latentes. Elle s’applique si vous êtes un « covered expatriate », c’est-à-dire si vous remplissez l’un des critères suivants[25] :
- un patrimoine net d’au moins 2 millions de dollars ;
- un impôt sur le revenu net annuel moyen supérieur à 211 000 $ sur les cinq années précédentes (montant 2026)[26] ;
- l’absence de certification de cinq ans de conformité fiscale sur le formulaire 8854.
Pour 2026, les premiers 910 000 $ de plus-value présumée sont exonérés[26]. Renoncer formellement à la nationalité dans un consulat coûte désormais 450 $, contre 2 350 $ avant le 13 avril 2026[27]. Les familles fortunées sollicitent souvent un conseil fiscal pré-immigration pour réévaluer leurs actifs, restructurer leurs trusts et choisir le moment de leur installation. Ces décisions se prennent avant le dépôt du I-526E, pas après le serment.
Double nationalité américaine : les règles
Le droit américain admet la double nationalité, même si les nouveaux citoyens déclarent dans le serment d’allégeance renoncer « absolument et entièrement » à toute allégeance étrangère[32]. Les États-Unis n’exigent pas la preuve de la perte de votre nationalité d’origine. Selon le 8 U.S.C. § 1481, un citoyen américain ne perd sa nationalité qu’en accomplissant volontairement un acte d’expatriation dans l’intention de renoncer à la nationalité américaine[28][29].
La contrainte décisive vient généralement de votre autre pays. Certains retirent automatiquement leur nationalité en cas de naturalisation à l’étranger : la Chine et l’Inde, par exemple, mettent fin à la citoyenneté d’un ressortissant qui acquiert volontairement une autre nationalité. D’autres, comme le Royaume-Uni, le Canada et la plupart des pays de l’UE, dont la France, l’autorisent[29]. Vérifiez le droit de votre pays d’origine avant le serment. Pour les familles qui jonglent avec trois nationalités, consultez notre guide sur la triple nationalité.
Passeport des États-Unis pour étrangers : ce qu’il apporte
Le passeport américain n’est délivré qu’aux ressortissants des États-Unis. Un étranger ne peut l’obtenir qu’en se faisant naturaliser : le parcours de cinq ans décrit plus haut est la seule voie légale. Dans le Henley Passport Index de juillet 2026, il donne accès sans visa, avec visa à l’arrivée ou avec autorisation électronique à 180 destinations sur 227 et se classe 10e ex aequo, derrière 36 pays mieux notés[34][35]. C’est un bon passeport, mais pas le plus puissant. Ses vrais atouts sont ailleurs : le droit inconditionnel de vivre aux États-Unis, la protection consulaire, la possibilité de parrainer des proches et la fin des contraintes de résidence liées à la carte verte. Si la liberté de voyager est votre priorité, comparez les options de notre classement du passeport le plus puissant à acheter.
Avantages et inconvénients du parcours investisseur-citoyen aux États-Unis
Avantages
- Une voie légale claire : carte verte plus cinq ans mènent à la nationalité, sans quota discrétionnaire de naturalisations
- Le capital EB-5 est un investissement en principe remboursable, pas un don
- Les enfants mineurs titulaires d’une carte verte deviennent automatiquement citoyens à la naturalisation d’un parent
- Le droit américain admet la double nationalité
- La Gold Card évite la carte verte conditionnelle de l’EB-5 et l’étape I-829
Inconvénients
- Aucun raccourci : au moins cinq ans de résidence effective et 30 mois de présence physique
- Imposition mondiale américaine dès l’obtention de la carte verte, avec une exit tax en cas de départ
- Les minimums EB-5 augmentent au 1er janvier 2027 et les frais EB-5 doublent environ à partir du 30 novembre 2026
- Le retard de traitement des I-829 peut repousser la naturalisation au-delà de cinq ans
- Contrôles plus stricts en 2025–2026 : test civique plus difficile, examen de moralité et enquêtes de voisinage
- La Gold Card n’a pas fait ses preuves (une approbation annoncée en avril 2026) et fait l’objet d’un recours
À surveiller fin 2026 et en 2027
- Indexation de l’investissement EB-5 au 1er janvier 2027 : la loi indexe tous les cinq ans le montant standard de 1 050 000 $ sur l’indice CPI-U, arrondi à la tranche de 50 000 $ inférieure, et fixe le montant TEA et infrastructure à 75 % du nouveau montant standard[12]. Les praticiens tablent sur un montant standard d’environ 1,2 à 1,25 million de dollars, soit un minimum TEA de 900 000 $ ou 937 500 $. L’USCIS n’avait pas publié de chiffres officiels au moment de la rédaction[16].
- Fin de la clause d’antériorité le 30 septembre 2026 : les pétitions de centre régional déposées après cette date ne sont plus protégées si le Regional Center Program expire. Le programme lui-même est autorisé jusqu’au 30 septembre 2027[12][16].
- Règle sur l’intégrité de l’EB-5 : une proposition de règle du 2 juillet 2026 codifierait le Reform and Integrity Act. La consultation s’est close le 31 août 2026[15].
- Règle sur les frais du N-400 : une règle définitive pourrait porter les frais à 1 280–1 330 $ et supprimer les exonérations. Si vous êtes éligible, déposer avant son entrée en vigueur fait économiser 570 $[7].
- Le contentieux sur la Gold Card (l’affaire AAUP) et le lancement éventuel de la Platinum Card[18][36].
À qui convient ce parcours, et qui devrait regarder ailleurs
Il convient aux familles qui veulent réellement vivre aux États-Unis : pour la scolarité des enfants, une entreprise sur place ou une carrière. Elles doivent pouvoir immobiliser 800 000 $ à 1,05 M$ pendant plusieurs années et accepter l’imposition mondiale américaine. Il convient aussi aux investisseurs de pays soumis à de longs délais de visa américain, pour qui la carte verte a déjà une vraie valeur en soi.
Regardez ailleurs si vous voulez un second passeport sans déménager, la nationalité en moins de cinq ans, ou si vous risquez une lourde exit tax. Une naturalisation plus rapide existe au Paraguay, où la résidence peut mener à la nationalité en trois ans environ et en Uruguay, avec une naturalisation en 3 à 5 ans. En Amérique du Nord, la nationalité canadienne après trois ans de présence sur cinq est l’équivalent le plus proche des États-Unis. La voie Qualified Investor vers la nationalité panaméenne prend environ cinq ans pour un coût moindre. Pour un classement par rapidité, voir notre dossier sur la nationalité la plus rapide par résidence. Pour un passeport immédiat, les véritables programmes de citoyenneté par investissement sont comparés dans notre comparatif de la citoyenneté caribéenne par investissement et sur notre guide de la citoyenneté par investissement.
Alternatives offrant une voie investisseur vers la nationalité
- Comment obtenir la nationalité canadienne : pas de citoyenneté par investissement. Le programme des investisseurs du Québec mène à la résidence permanente, puis à la nationalité après 3 ans sur 5.
- Comment obtenir la nationalité néo-zélandaise : le visa Active Investor Plus mène à la résidence, puis à la nationalité après environ cinq ans.
- Comment obtenir la nationalité panaméenne : résidence Qualified Investor, puis naturalisation après environ cinq ans.
- Nationalité grenadienne par investissement : une véritable citoyenneté par investissement, avec un accès possible à l’E-2 après trois ans de domicile.
- Comment obtenir la nationalité costaricienne : résidence investisseur dès 150 000 $ environ, puis nationalité après sept ans environ.
Pour le volet résidence aux États-Unis, notamment les types de projets EB-5, les règles TEA et le choix d’un centre régional, consultez notre page sur le visa EB-5 et la carte verte investisseur.
Questions fréquentes
La nationalité américaine par investissement est-elle possible ?
Non. Les États-Unis n’ont aucun programme de citoyenneté par investissement. Investir via l’EB-5 (800 000 $ ou 1 050 000 $) ou la Gold Card à 1 million de dollars ne donne qu’une carte verte[12][18]. Il faut ensuite vivre cinq ans aux États-Unis comme résident permanent, dont au moins 30 mois de présence physique, puis réussir l’entretien de naturalisation, l’épreuve d’anglais et le test d’éducation civique avant de prêter serment et de demander un passeport[2].
Quelles sont les conditions pour obtenir la nationalité américaine quand on a une carte verte ?
Vous devez avoir 18 ans ou plus et être résident permanent depuis cinq ans. Il faut une résidence continue, au moins 30 mois de présence physique et trois mois dans l’État ou le district USCIS du dépôt. Vous devez aussi démontrer une bonne moralité, réussir les tests d’anglais et d’éducation civique et manifester votre attachement à la Constitution[1]. Les investisseurs EB-5 doivent normalement avoir obtenu la levée des conditions par le formulaire I-829 avant de pouvoir être naturalisés[4].
Naturalisation aux États-Unis combien d’années après un investissement EB-5 ?
Cinq ans à compter de l’obtention de la résidence, avec la possibilité de déposer le N-400 90 jours avant[3]. Les deux années conditionnelles comptent dans ces cinq ans[5]. En ajoutant le délai d’obtention de la carte verte et l’instruction du N-400, la plupart des investisseurs hors Chine et Inde doivent compter six à huit ans environ entre l’investissement et le passeport. Les investisseurs chinois et indiens des catégories non réservées peuvent attendre bien plus longtemps[17].
La double nationalité américaine oblige-t-elle à renoncer à mon passeport actuel ?
Le droit américain n’exige pas la preuve que vous avez renoncé à une autre nationalité, et vous ne perdez la nationalité américaine qu’en agissant volontairement dans l’intention d’y renoncer[28]. Le serment comporte toutefois une renonciation à toute allégeance étrangère[32], et votre pays d’origine peut vous retirer automatiquement sa nationalité lors de la naturalisation. Vérifiez le droit de votre pays avant le serment.
Peut-on obtenir un passeport des États-Unis pour étrangers sans vivre aux États-Unis ?
Non. Le passeport américain n’est délivré qu’aux ressortissants des États-Unis, et la naturalisation exige cinq ans de résidence continue et 30 mois de présence physique[2]. Des absences de six mois ou plus peuvent rompre la continuité. Une absence d’un an ou plus la rompt, sauf exception étroite, par exemple un emploi éligible pour le gouvernement américain ou dans la recherche préservé par le formulaire N-470[2][6].
Le statut d’investisseur de traité E-2 ou la nationalité grenadienne mènent-ils à une carte verte ?
Non. L’E-2 est un visa de non-immigrant, renouvelable par périodes de deux ans, et son titulaire doit avoir l’intention de partir à la fin de son statut[21]. Les investisseurs ayant obtenu la nationalité grenadienne par investissement doivent en outre justifier de trois ans de domicile continu à la Grenade avant d’obtenir un premier statut E-2[22][33]. Les années sous E-2 ne comptent pas pour la naturalisation.
Combien coûte une demande de nationalité américaine en 2026 ?
Les frais du N-400 sont de 760 $ sur papier ou 710 $ en ligne, avec un tarif réduit de 380 $ pour les demandeurs éligibles à faibles revenus[6]. En juin 2026, le DHS a proposé de les porter à 1 330 $ / 1 280 $ et de supprimer les exonérations et le tarif réduit. La proposition n’était pas définitive au moment de la rédaction[7]. Il n’y a pas de frais de biométrie séparés.
Paierai-je l’impôt américain sur mes revenus mondiaux après la naturalisation ?
Oui, mais cela commence plus tôt, dès l’obtention de la carte verte, car les résidents sont imposés sur leurs revenus mondiaux[24]. Les citoyens restent imposables sur leurs revenus mondiaux même en vivant à l’étranger. Un départ ultérieur peut déclencher l’exit tax si votre patrimoine net atteint 2 millions de dollars ou si votre impôt moyen dépasse 211 000 $ (2026), avec une exonération de 910 000 $[25][26].
Programmes similaires
- États-UnisOuvert (centres régionaux autorisés jusqu’au 30 sept. 2027)résidence par investissement aux États-Unis
Investissement minimum: 800 000 $ en TEA / 1 050 000 $ en standard (hausse indexée pour les pétitions déposées à partir du 1er janv. 2027)
- États-UnisOuvert, mais 1 seul accord confirmé publiquement ; programme contesté en justiceconditions carte dorée Trump
Investissement minimum: Don de 1 M$ + 15 000 $ de frais par personne (2 M$ via une entreprise)
- États-UnisOuvert (sans quota) ; entretien en personne et dépôt dans le pays d’origine depuis sept. 2025visa E-2 investissement minimum
Investissement minimum: Aucun minimum légal ; montant « substantiel » et proportionnel (environ 100 000 $ et plus en pratique)
- GrenadeOuvert (réformes en attente)nationalité grenadienne par don
Investissement minimum: Don de 235 000 $ / immobilier de 270 000 $
- CanadaPas de citoyenneté par investissement ; RP investisseur du Québec → nationalité après 1 095 jours sur 5 anscomment obtenir la nationalité canadienne
Investissement minimum: 1,2 M$ CA pour l’étape de la RP (placement de 1 M$ CA sur 5 ans, remboursé, + contribution de 200 000 $ CA, Québec)
- PanamaPas de citoyenneté par investissement ; naturalisation après 5 ans de résidence permanentepasseport du Panama pour étrangers
Investissement minimum: Pas de CBI. Résidence investisseur dès 300 000 $ US (immobilier neuf) ; 500 000 $ US pour l'immobilier de revente, les titres ou un dépôt en banque publique
Comparatifs incluant ce programme
Sources
- 1.USCIS Policy Manual, Vol. 12, Part D, Ch. 1 – Purpose and Background (general naturalization requirements) – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
- 2.8 U.S.C. § 1427 – Requirements of naturalization (INA § 316) – Legal Information Institute, Cornell Law School (2 octobre 2026)
- 3.USCIS Policy Manual, Vol. 12, Part D, Ch. 6 – Jurisdiction, Place of Residence, and Early Filing – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
- 4.USCIS Policy Manual, Vol. 12, Part D, Ch. 2 – Lawful Permanent Resident Admission for Naturalization – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
- 5.8 U.S.C. § 1186b – Conditional permanent resident status for certain alien entrepreneurs, spouses, and children – Legal Information Institute, Cornell Law School (2 octobre 2026)
- 6.Form G-1055, Fee Schedule (edition 10/01/26) – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
- 7.Naturalization Application Fee Adjustments (proposed rule, 23 June 2026) – Federal Register (DHS)Source officielle (2 octobre 2026)
- 8.Notice of Implementation of 2025 Naturalization Civics Test (18 Sept 2025) – Federal Register (DHS/USCIS)Source officielle (2 octobre 2026)
- 9.USCIS Unveils First Changes to Naturalization Test in Multi-Step Overhaul of American Citizenship Standards – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
- 10.U.S. Citizenship Test Questions and Answers (2025 civics test) – Boundless Immigration (2 octobre 2026)
- 11.Naturalization Alert: Memos on Good Moral Character (GMC) and Neighborhood Visits – Immigrant Legal Resource Center (2 octobre 2026)
- 12.8 U.S.C. § 1153(b)(5) – Employment creation (EB-5) investors – Legal Information Institute, Cornell Law School (2 octobre 2026)
- 13.USCIS Employment-Based Immigrant Visa, Fifth Preference (EB-5) Fee Rule (final rule, 30 Sept 2026) – Federal Register (DHS/USCIS)Source officielle (2 octobre 2026)
- 14.EB-5 Fees Will More Than Double on Nov. 30 – Manifest Law (2 octobre 2026)
- 15.EB-5 Reform and Integrity Act of 2022; Ensuring the Integrity of the EB-5 Program (proposed rule, 2 July 2026) – Federal Register (DHS/USCIS)Source officielle (2 octobre 2026)
- 16.EB-5 at a Crossroads: The Grandfathering Deadline, the Proposed Rule, and the Rising Bar on Source-of-Funds Scrutiny – Buchalter (2 octobre 2026)
- 17.EB-5 After September 2026: Reauthorization, 2027 Outlook – EB5 Status (2 octobre 2026)
- 18.The Trump Gold Card – official program site – U.S. Government (Trump Gold Card program)Source officielle (2 octobre 2026)
- 19.Only one Trump 'gold card' visa has been approved so far, Commerce's Lutnick says – CBS News (2 octobre 2026)
- 20.Trump Gold Card – Wikipedia (2 octobre 2026)
- 21.E-2 Treaty Investors – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
- 22.8 U.S.C. § 1101(a)(15)(E) and notes (Pub. L. 117-263, § 5902) – Legal Information Institute, Cornell Law School (2 octobre 2026)
- 23.Caribbean Citizenship by Investment 2026 – Ancova Associates (2 octobre 2026)
- 24.Determining an individual's tax residency status – Internal Revenue ServiceSource officielle (2 octobre 2026)
- 25.Expatriation tax – Internal Revenue ServiceSource officielle (2 octobre 2026)
- 26.Rev. Proc. 2025-32 (2026 inflation adjustments, §§ 877 and 877A) – Internal Revenue ServiceSource officielle (2 octobre 2026)
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- 28.8 U.S.C. § 1481 – Loss of nationality by native-born or naturalized citizen – Legal Information Institute, Cornell Law School (2 octobre 2026)
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- 31.8 U.S.C. § 1431 – Children born outside the United States; conditions for automatic citizenship – Legal Information Institute, Cornell Law School (2 octobre 2026)
- 32.Naturalization Oath of Allegiance to the United States of America – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
- 33.Public Law 117-263 (James M. Inhofe NDAA for FY2023), § 5902 – Eligibility of Portuguese traders and investors for E-1 and E-2 nonimmigrant visas – U.S. Government Publishing OfficeSource officielle (2 octobre 2026)
- 34.Henley Passport Index – visa requirements for United States passport holders (API data) – Henley & Partners (2 octobre 2026)
- 35.Henley Passport Index Turns 20: The U.S. Is 10th but Trails 36 Nations (21 July 2026) – Travelers Today (2 octobre 2026)
- 36.AAUP Files Lawsuit Challenging Gold Card Visa Program as a Pay-to-Play Scheme (3 Feb 2026) – American Association of University Professors (2 octobre 2026)
- 37.Policy Memorandum PM-602-0188: Restoring a Rigorous, Holistic, and Comprehensive Good Moral Character Evaluation Standard (15 Aug 2025) – U.S. Citizenship and Immigration ServicesSource officielle (2 octobre 2026)
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